INTERVIEW : Dr Mamadou Dindé Diallo, enseignant chercheur, écrivain « Je peux ainsi me targuer d’être le premier fondateur de radio privée en Guinée… »

Maître-assistant en Histoire Contemporaine de l’Afrique, Mamady Dindé Diallo est Vice-Doyen chargé des études à la Faculté des Sciences Sociales de l’Université de Kindia. Enseignant-Chercheur, il est chargé des cours d’histoire de Guinée et Méthodologie de Recherche en Histoire. Il a publié récemment un ouvrage sur l’histoire des journaux en Guinée. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accordez à www.guineEtoile.com explique les motivations de son engagement littéraire….
GuineEtoile.com : parlez-nous sommairement de votre ouvrage ?
Dr. Mamadou Dindé Diallo : Ma thèse est intitulée : « Un siècle de journaux. Histoire de la presse écrite de la période coloniale à nos jours ». Comme son nom l’indique, cette thèse retrace l’histoire de la presse écrite guinéenne de ses origines à l’an 2010. Notre étude couvre ainsi une période allant de 1925 à 2010 soit environ un siècle d’histoire. A travers cette histoire de la presse, nous retraçons par la même occasion l’histoire de la Guinée par le biais des sources obtenues à partir de la presse, donc des sources authentiques.
guineEtoile.com: Qu’est ce qui a motivé votre engagement littéraire d’un part et le choix d’un thème portant sur l’histoire de la presse en Guinée d’autre part ?
Dr. Mamadou Dindé Diallo : Mon métier d’enseignant-chercheur rime avec la publication des résultats de nos recherches. A l’Université, l’enseignant doit publier au risque de périr intellectuellement. Pour obtenir la maîtrise, j’ai soutenu un mémoire sur l’histoire de l’évolution politique de la Guinée de 1945 à 1958, au Master 2 mon mémoire portait sur le Lynx que j’ai intitulé : « un satirique sous un régime autoritaire ». En fin au doctorat, j’ai voulu élargir ma recherche entreprise durant le Master. En effet, le choix de faire l’histoire de la presse guinéenne découle du fait que j’avais moi-même flirté avec le métier de journalisme lorsque j’étais étudiant. J’étais journaliste freelance au Kakimbo, à L’œil, à l’Indépendant, à la Gazette Guinéenne, aux Echos de Guinée etc. Au campus de Gamal, j’avais même créé une Radio appelé « Radio Zappa FM » qui émettait sur le campus et très écoutée par les étudiants si bien que mes amis et moi avions failli être arrêtés n’eut été l’intervention de certaines personnes. Je peux ainsi me targuer d’avoir été le premier fondateur d’une radio privée en Guinée, même si elle était clandestine. Pour la petite histoire, les autorités universités d’alors nous ont accusé d’être des agents au service de l’opposition, notamment le RPG (rires). Vous comprenez donc toute ma motivation de faire l’histoire de la presse guinéenne, car je me sens journaliste quelque part.

  1. Quel accueil a été réservé à votre livre au niveau des lecteurs guinéens?
Dr. Mamadou Dindé Diallo : En fait, cette thèse n’est pas publiée de façon classique par une maison d’édition. Je pense que cela ne saurait tarder car je suis en négociation avec la maison Harmattan Guinée. Je souhaite que cette thèse soit publiée pour qu’elle serve de bréviaire aux étudiants, enseignants, journalistes et toute autre personne intéressée par l’histoire de notre pays.
guineEtoile.com : enfin un dernier message…
Dr. Mamadou Dindé Diallo : Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez pour informer le peuple de Guinée de l’existence de cette importante thèse de 509 pages, bien illustrées sur la presse écrite guinéenne. Aux professionnels de la presse, je voudrais leur dire que cette thèse est la leur. Je les exhorte à la vulgariser car c’est leur histoire.
A la République, je serai toujours reconnaissant, comme me l’a recommandé mon père. En effet, il a cultivé en moi l’amour de mon pays la Guinée depuis ma tendre enfance en Côte d’Ivoire, en refusant de me naturaliser ivoirien. Car pour lui, ‘’le tronc d’arbre ne deviendra jamais caïman, aussi longtemps qu’il demeurera dans l’eau’’. Il est allé jusqu’à me payer ma bourse lorsque celle qui m’était octroyée par l’Etat ivoirien me fut retirée en classe de 4e (9e en Guinée) faute de nationalité. A l’Université mes frais d’inscription s’élevaient à 300 000 FCA contre 10 000 CFA pour mes camarades ivoiriens avec qui j’ai décroché le BAC. C’est grâce à mon Etat que j’ai pu finir mes études ici en Guinée avec l’appui de mon oncle Alpha Abdoulaye Foula dit Mombéya l’un des premiers journalistes libres en Guinée dans les années 90.

Propos recueillis par Kerfalla KOUROUMA pour guineEtoile.com


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